Donnez-moi du fuel !

On a beau être habité d’un espoir qui semble inépuisable, il y a un moment, après 3 ou 4 manuscrits, sans retour probant, sans rien à quoi s’accrocher, on finit par douter. On doute de son obstination, de son talent, de sa production, de ses textes, de ses intentions. Est-ce que cela a un sens de continuer ? Est-ce que je ne m’obstine dans une voie qui ne semble pas (plus ?) faite pour moi ? On écrit, on passe du temps, on travaille, on peaufine. Et puis rien. Pas de retour. Le silence. Les lettres de refus automatisées, robotisées.

Et puis enfin une étincelle dans le long tunnel. Un peu de lumière. Un tout petit peu de lumière qui indique que oui, finalement, l’obstination a un sens, le travail est justifié et il y a des raisons de continuer d’écrire et de croire. Non, tout ce qu’on écrit n’est pas à jeter, on n’est pas devenu incapable d’écrire, incapable de produire des textes qui ont un intérêt. On n’a pas tout faux. Alors oui, il faut s’accrocher. A rien, à quelques bribes de phrases. A un retour argumenté d’un éditeur. Aux mots et au retour précieux d’une écrivaine / correctrice. Pas de promesse, pas de publication. Mais l’espoir.

Le roman est foisonnant, riche, multiple. Il est important de garder le lecteur, de ne pas le perdre en cours de route. Le roman est fort, le personnage aussi, et le sujet effroyablement d’actualité. // Il s’agit d’un roman historique et d’aventures, renseigné, bien écrit, quoiqu’un peu bavard.

Il y a d’autres remarques constructives, sur la pertinence d’un choix, d’un ajout. La construction d’un chapitre. Mais rien qui remette en question sur l’existence même du projet, de l’écriture ou la structure du roman. Au fond, il y a des retours sur des choix, des choix qu’on aimerait discuter avec quelqu’un, un éditeur, un référent. Parce que c’est ce qui manque le plus à force d’enchainer les projets, seul, la tête dans le guidon, c’est un retour, un oeil extérieur. Une expertise. Et c’est là, c’est enfin là.

Allez, un peu de fuel, de quoi tenir debout et s’acharner comme un aveugle pendant un projet ou l’autre. En attendant mieux. En espérant mieux. Un peu d’espoir, c’est tout ce dont les auteurs ont besoin parfois, égarés et aveugles, emportés par des projets plus grands qu’eux.

Le Cercle des poètes disparus (Dead Poets Society) -  Cinepassion.over-blog.com
Le cercle des poètes disparus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.