Il nous fallait bien une guerre

La guerre fait trembler l’Europe de l’est mais ses répercussions sont planétaires. Et si la guerre hante mes rêves, elle empêche de dormir des centaines de millions de personnes dans le monde, des personnes qui n’ont pourtant pas de connexion ou d’attaches avec l’Ukraine ou la Russie. La guerre semble avoir secoué le monde qu’on s’était construit, elle a percé la bulle de confort dans laquelle nous flottions depuis 80 ans. Il semble qu’elle rappelle à beaucoup la valeur des choses. Il y a ceux qui tremblent pour la perte potentielle de leurs droits, de leurs libertés. Et puis ceux qui pleurent les destins brisés ukrainiens.

Ce blog n’est pas un blog d’actualité. C’est un blog littéraire et même si j’ai une opinion et que j’ai une certaine forme d’addiction aux évènements du monde (j’ai étudié le journalisme pour tenter d’assouvir cette addiction) et que l’actualité nourrit tout ce que j’écris, je ne pense pas nécessaire de partager mon point de vue ici, parce qu’il y en a déjà trop, souvent mal éclairés.

Mais il est parfois difficile de penser ou de parler d’autre chose. Je n’aimerais pas être dans la peau d’un artiste qui doit vendre sa camelote en ce moment, je me sentirais mal à l’aise, comme Stromae l’a expliqué. L’art, la littérature, semblent bien vains en ce moment. Superficiels et inutiles.

En ce moment, suite à la relecture d’Ariane Le Fort, je continue de corriger mon vaste projet et gigantesque manuscrit (selon mes standards, 270 pages A4) et cette actualité infuse sur le texte, sur la vacuité de l’art, parfois. Mais je crois que si beaucoup de gens aujourd’hui ont de l’empathie pour les Ukrainiens (qui savent en jouer et mettre en scène leurs drames – bien réels) c’est peut-être grâce à la littérature. A cette possibilité de voir des destins uniques, brisés dans la course du monde, derrière les titres des journaux, les images de Poutine ou des hélicoptères russes.

La littérature qui incarne des personnages à travers des drames personnels, ceux qui traversent l’histoire.

Alors peut-être la littérature n’a-t-elle pas été tout à fait inutile. Elle nous a ouvert les yeux.

Et c’est déjà beaucoup.

Prends soin de toi cher mon lecteur.

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